Le Réseau Devenir d’Enfance

Historique

 

La naissance du Réseau Devenir d’Enfance remonte à l’année 2005, suite à la volonté d'un groupe de coordinatrices petite enfance en région PACA de créer des liens, des échanges et un tissu relationnel d'entraide et de savoirs.

Ce besoin de se rencontrer répondait à différentes problématiques:

·         Premièrement un sentiment d’isolement, chaque coordinateur petite enfance étant seul sur son territoire.

·         Deuxièmement, une volonté de prendre de la distance avec le quotidien et de développer des analyses par les regards croisés entre pairs ou entre professionnels d’un même secteur.

·         Troisièmement, un besoin de réassurance face aux responsabilités croissantes (passage d’une fonction de coordination à une fonction de gestion des budgets et des ressources humaines, rôle d’interface accru avec les partenaires institutionnels).

·         Quatrièmement, un besoin d’échanges et d’expertises face à l’empilement des textes et des règles dans le domaine de la petite enfance.

 

Différentes journées de rencontres professionnelles ont permis de préciser les objectifs, les activités et les modalités de fonctionnement du réseau.

En 2006, nous lui avons donné un nom « Devenir d'Enfance », et l’avons présenté à différentes occasions (colloques, formations, rencontres professionnelles) afin d’inviter d’autres professionnels à nous rejoindre et à « apprendre les uns des autres ».

A ce moment-là, le réseau est alimenté par des échanges, principalement par mail, via une liste de diffusion et par des journées de rencontres, il compte alors environ 50 participants.

 

Son objectif est de mutualiser les connaissances, les pratiques diverses, les documentations (textes de lois, articles, références de bouquins, « bons plans » et « tuyaux », etc.), et de croiser les regards... La volonté affichée du réseau est une ouverture à l’autre, des échanges sans jugement, comparaison ou rivalité.

Nous partons du principe que toute information peut être utile, libre à chacun d’en prendre connaissance ou pas, de l’utiliser ou pas mais que la circulation d’informations est un échange de services entre nous sur la base du don et du contre don.

 

En 2008, après une définition partagée des modalités de travail, le réseau a été accueilli par l’INSET de Montpellier (appelé ENACT à l’époque), afin de poursuivre les objectifs énoncés précédemment.

En contrepartie, le réseau s’est alors engagé vis-à-vis de l’INSET à produire des comptes rendus de chacune de ses rencontres, envoyés également à tous les membres du réseau. Dans le même temps, une charte et un mode de fonctionnement ont été élaborés (ambitions, valeurs).

Il est à noter l’engagement fort et la confiance de l’INSET, qui nous a toujours soutenu et épaulé dans nos propositions de rencontres, en nous offrant la logistique indispensable (salle de réunion, hébergement et liberté de choix de l’intervenant) et surtout légitimer notre action auprès de nos collectivités.

 

 

L’ensemble de ces échanges ont abouti à ::

·        Un partage et une réassurance sur le bien fondé de nos pratiques : le fait de constater que les collègues sont confrontés à des problèmes analogues, qu’ils ont à faire les mêmes types d’arbitrage, découvrir comment ils ont traité certaines situations, ce qui permet d’appréhender notre activité de manière plus globale et d’être force de proposition auprès de nos élus ou /et de nos gestionnaires, de nos partenaires.

·        La co-construction d’outils d’analyse : ainsi lors d’une séance, les participants se sont répartis par ateliers afin de réfléchir aux apports positifs et aux écueils possibles des micro-crèches, MAM et jardins d’éveil. Cette réflexion a débouché sur un écrit diffusé à l’ensemble du réseau.

 

Les thèmes de réflexion proposés ont toujours été liés aux problématiques de terrain et à la place de la petite enfance sur les territoires.

Notre axe de travail a été basé sur les liens entre contexte politique, législatif, social de territoire, et pratique de terrain dans un souci d’équilibre entre qualité d’accueil et « bonne » gestion.

 

Depuis juin 2009 une vingtaine de rencontres ont été organisées à l’INSET, toujours ouvertes à l’ensemble des membres du réseau. Ces journées de travail ont à chaque fois réunies de quinze à vingt personnes. En tout une cinquantaine de personnes différentes ont participé. A titre d’exemple, ces rencontres ont eu pour objet:

-         Étude des rapports TABAROT et VOISIN (Direction Action Sociale) ainsi que le rapport de l’IGAS N°RM2009 sur le développement de la garde d'enfants ;

-          « Les professions et leur coordination dans les établissements d'accueil collectif du jeune enfant : une hétérogénéité source de tensions au sein des équipes ». L’intervention de Sophie ODENA chercheur en sociologie, co-rédactrice du dossier d'étude CNAF n° 121 ;

-         Réflexion éthique autour de la mise en place de la PSU, fourniture obligatoire des couches, laits infantiles et repas.

-         Réflexion sur l’impact des Validations des Acquis de l’Expérience sur l’évolution des métiers de la petite enfance.

 

Constatant l’assiduité des membres du réseau et la richesse des échanges l’INSET nous a alors incités à nous engager dans l’organisation de journées d’actualité à destination de l’ensemble des professionnels et personnes concernés par le domaine de la petite enfance.

Le réseau Devenir d’Enfance passe alors du statut de réseau de professionnels à celui de réseau expert, en capacité non seulement d'initier des réflexions sur différents points touchant au domaine, mais aussi de cerner des problématiques fédératrices et créer un événement autour d’une thématique, choisir les intervenants, communiquer sur l’événement et en assurer le bon déroulement . Entre 2012 et 2016, trois journées ont été organisées. Elles ont chacune mobilisé entre 100 et 200 personnes (professionnels, élus, partenaires institutionnels, …).

 

La première journée d’actualité, en février 2012, avait pour titre : «Allier bonne gestion et qualité d’accueil : un pari possible !!! Rôle des collectivités territoriales».

 

La deuxième, en décembre 2014, portait sur « Etre professionnel de l’accueil de la petite enfance dans les réalités d'aujourd’hui ».

Cette deuxième journée a eu pour préalable un travail de recherche conduit avec Pierre Moisset (sociologue de la famille) sur le vécu des professionnels de la petite enfance en 2014.

Cette recherche a eu pour socle un travail d’enquête mené par le réseau auprès des personnels d’EAJE d’une part et d’Assistantes maternelles d’autre part, elle a recueilli 3000 réponses. Les résultats ont été présentés lors de la journée d’actualité.

Un dossier consacré à cette recherche a été écrit par le groupe du réseau ayant travaillé à ce projet .Il a été publié dans la revue « les métiers de la petite enfance » en janvier 2016,

Un livre conduit par Pierre Moisset et dont les fondements sont issus de ce travail de recherche va être publié prochainement chez ERES

 

A l’automne 2016, Un groupe du Réseau s’est retrouvé à l’INSET. A la  suite de cette rencontre, 7 thématiques prioritaires de travail ont été retenues par le groupe. Elles ont été ensuite soumises à l’ensemble du Réseau Devenir d’Enfance, pour définir des priorités de travail. Ces thématiques, classées dans l’ordre de l’intérêt suscité suite à ce sondage, sont :

1/ Les normes / la maitrise des risques : un impact sur la créativité des structures ?

2/ La place des parents dans les structures

3/ Vers un référentiel qualité en EAJE ?

4/ La famille / les nouvelles parentalités

5/ La laïcité dans l’accueil du jeune enfant

6/ Les différentes approches pédagogiques et éducatives / les différents courants de pensée

7/ La place de l'image et des nouvelles technologies en EAJE

 

Une nouvelle réflexion s’est alors engagée et une journée de réflexion a été conduite en Décembre 2016 intitulée « Entre normes et risques quelle place pour la créativité en EAJE ? ».

Cette journée avait pour ambition d’engager la réflexion autour du positionnement des professionnels face à leurs responsabilités et à leurs missions, responsabilité juridique mais aussi éducative et managériale.

Les interventions de Géraldine Chapurlat, avocate formatrice spécialiste de la petite enfance, et de Marie Laure Cadart , médecin et anthropologue ont permis de conjuguer les approches : juridique, éthique et éducative.

L’objectif était de permettre aux participants de revisiter leur posture professionnelle avec des éclairages complémentaires et croisés.

Un article résumant cette journée est paru dans la revue Le Furet en mars 2017.

 

 

Enfin en juin 2017, un groupe réuni à l’INSET a proposé une 4ème journée autour du rapport Giampino. Ce rapport, paru en mai 2016, a d’emblée mobilisé le réseau et a suscité beaucoup d’intérêt avec les différents textes qui ont suivis. Pour que cette nouvelle impulsion donnée au secteur de la petite enfance puisse être partagée et vécue sur le terrain, il a semblé important d’informer les professionnels au plus proche des enfants de l’avancée de ces travaux, qu’ils en soient parties prenantes et puissent les questionner.

Cette journée d’information et d’échanges, intitulée « Du rapport Giampino aux pratiques quotidiennes, un rapport qui refonde l’accueil des jeunes enfants ». a eu lieu le 23 juin 2017 à l’INSET de Montpellier. Elle a été entièrement construite et animée par un groupe du réseau.

 

A ce jour, le réseau compte une centaine de personnes travaillant principalement dans le quart sud-est de la France. Il est ouvert à tous les professionnels de l’enfance en situation d’encadrement, y compris au secteur associatif ou privé (mais le coût des journées à l’INSET est un frein à leur participation active). Cette diversité et ces engagements pluriels sont une richesse.

Le Réseau n’est pas restreint aux seules personnes participant aux journées à l’INSET.

 

De manière régulière, chacun est sollicité pour savoir s’il souhaite rester sur la liste de diffusion du réseau. Des demandes d’intégration au Réseau arrivent régulièrement.

Les membres du Réseau participent de manière très différentes : certains disent apprécier recevoir les informations sans être actifs dans le Réseau, d’autres participent aux discussions ou demandes d’information par le biais de mails.

Chacun des membres du réseau peut participer aux journées de travail, au cours desquelles  un temps est consacré au pilotage du réseau, (thématiques, fonctionnement  etc…).

 

Aujourd’hui le réseau Devenir d’Enfance a 12 ans. L’ensemble des échanges permet de poursuivre une dynamique de ressourcement personnel (échanges entre pairs, entraide et solidarité pour des professionnels souvent isolés sur leur territoire et/ou domaine de compétences) mais également de renforcer une efficience professionnelle.

Nos différents employeurs, en nous permettant d’utiliser la vision globale et pointue produite par le Réseau, investissent ainsi dans un outil de travail collectif produisant une vision prospective et qualifiée des missions de la petite enfance et de l’enfance.

Il est à noter que le réseau Devenir d’Enfance, à la demande de Sylvie Rayna, chercheur en sciences de l’éducation a publié son expérience dans la réédition 2014 du livre « Quel curriculum pour la petite enfance » (éditions ERES)

 

Historique co-écrit par un groupe du Réseau devenir d’Enfance à  Montpellier en juillet 2015  (complété en juillet 2017)